Marché français éolien - Financement


MARCHE FRANÇAIS DE L’EOLIEN – FINANCEMENT

En France, les perspectives de profit attirent de nombreux acteurs sur ce marché avec une rentabilité qui peut dépasser 20 %. Aussi, le marché français du développement et de l'exploitation de parcs éoliens est "atomisé" entre:

  • les bureaux d’études comme l’Allemand Volkswind …
  • les fabricants de turbines comme Vestas, General Electric, Siemens, Gamesa, Enercon, Repower, Nordex…
  • les promoteurs comme Theolia…
  • les investisseurs privés…
  • les groupes bancaires…
  • les enseignes de la grande distribution comme IKEA…
  • les majors de l’énergie qui détiennent aujourd’hui les capacités d’investissement les plus importantes comme GDF Suez (ENGIE), EDF, Areva, Poweo, l’Espagnol Iberdrola, le Portugais EDP, l’Italien ENEL, le Britannique RES, le Canadien Boralex…

 

 

Malgré la faiblesse du facteur de charge, inférieur à 20 % (fonctionnement moyen d’un parc éolien français équivalent à 1750 heures par an) et le caractère aléatoire lié aux conditions climatiques, le marché de l’éolien industriel profite d’une conjoncture favorable en France. Les projets éoliens se multiplient partout sur le territoire. Ces investissements sont particulièrement lourds et atteignent plusieurs dizaines de millions d’Euros par projet. Aussi de nombreux exploitants de parcs éoliens n’hésitent pas à prendre des risques avec des taux d’endettement particulièrement élevés. Cette prise de risque s’explique par la très forte rentabilité dégagée par les promoteurs : l’Etat via EDF garantit le rachat de l’électricité produite par les parcs éoliens situés en Zone de Développement Eolien (ZDE) ou en Zone "favorable" des Schémas Régionaux Eoliens (SRE) à des conditions de prix très avantageuses pendant une durée de 15 ans.

Ce cadre réglementaire donne donc jusqu’à présent des garanties aux prêteurs. Des prêteurs qui sont sollicités par les porteurs de projets au rythme de 400 à 500 nouvelles éoliennes par an. La taille du parc terrestre a dépassé 10 000 MW en 2015 (5500 éoliennes). En France, l’objectif 2020 pour l’éolien est d’atteindre une puissance raccordée de 25000 MW se décomposant en 19000 MW pour l’éolien terrestre et 6000 MW pour le off-shore.

L’éolien offre de très belles perspectives de croissance à tous ceux qui disposent de moyens financiers.

La rentabilité d’un investissement dans les éoliennes dépend d’avantage du tarif de rachat de l’électricité que de la quantité de vent.

 

 

L’EOLIEN INDUSTRIEL EST AVANT TOUT UN PRODUIT FINANCIER ENTIEREMENT SOUTENU

PAR LE SYSTEME DE RACHAT DE L’ELECTRICITE SUPPORTE PAR LE CONSOMMATEUR.

 Voir rubrique "Video": "Les secrets du business éolien".

 http://www.dailymotion.com/video/xc425b_les-secrets-du-business-eolien-remu_news?start=9,


Tarif de rachat de l’électricité  d’origine éolienne

(Arrêté du 17 novembre 2008)

Source : Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement. 

- éolien terrestre  : 8,2 c€/kWh pendant 10 ans, puis entre 2,8 et 8,2 c€/kWh pendant 5 ans selon les sites.
- éolien en mer  : 13 c€/kWh pendant 10 ans, puis entre 3 et 13 c€/kWh pendant 10 ans selon les sites.




MARCHE FRANCAIS EOLIEN - PERSPECTIVES 2015 - 2020

La rentabilité des parcs éoliens durant les prochaines années pourrait nettement s'infléchir pour 3 raisons:
 - l'augmentation des coûts de raccordement avec l'isolement géographique des projets et leur éloignement du réseau haute  tension;
 - la contraction du tarif d'achat qui pourrait être revu à court terme;
 - la saturation des paysages et du territoire avec un rejet croissant des populations.




 "Cachez cette bulle verte que je ne saurais voir".

LE CERCLE. (par Rémy Prud'homme) - La bulle de l'électricité verte, c'est-à-dire solaire et éolienne, est en train d'éclater. Cette tragi-comédie se déroule en trois actes.

Le premier acte est celui de l'euphorie. Comment produire de l'électricité en écartant la peste nucléaire et le choléra thermique ? Avec des éoliennes et des panneaux solaires, sources d'électricité naturelles, inépuisables, propres et domestiques. En plus, leur installation va créer des emplois par milliers et faire de chacun des pays qui s'en équipe un exportateur d'éoliennes et de panneaux. C'est en chantant que tous les pays développés, poussés par l'Union européenne et les ONG environnementalistes, se lancent à corps perdu dans cette belle aventure qui va sauver la planète.

Le deuxième acte est celui des subventions. L'électricité éolienne et plus encore l'électricité solaire coûtent tellement cher qu'elles ne peuvent pas exister sans aides publiques. Qu'à cela ne tienne, le contribuable paiera. Etat, régions, départements, villes même, chaque élu sort son chéquier : subventions à l'investissement, amortissements accélérés, crédits d'impôt, niches fiscales, etc. Le principal outil d'intervention a été l'hypocrite système des obligations d'achat. Il force les producteurs d'électricité à acheter toute l'électricité verte produite, et à le faire à des prix de deux à cinq fois plus élevés que le coût des autres formes d'électricité. Il s'agit donc d'un impôt discret sur la consommation, couplé avec une subvention cachée. Comment ne pas penser au « cachez-moi ce sein que je ne saurais voir » de notre bon Tartuffe ?

Grâce à ces subventions, des centaines de milliards d'euros ont été investis dans l'électricité verte : au moins 170 milliards en Allemagne, 70 en Italie, 60 en Espagne, 25 - seulement -en France. Cet argent n'a pas été perdu pour tout le monde. En France, deux entrepreneurs plus malins ou plus rapides que d'autres ont très légalement gagné chacun un demi-milliard d'euros dans l'éolien. Ces investissements ont aussi créé des usines d'éoliennes et de panneaux solaires, notamment aux Etats-Unis, en Allemagne au Danemark, en Espagne, au Japon, mais aussi - et surtout -en Chine.

Le troisième acte est celui des larmes. Avec la crise financière, vite transformée en crise des finances publiques et du pouvoir d'achat, la ponction de l'électricité verte sur les budgets publics et privés devient insupportable. En 2011, la plupart des pays, y compris la riche Allemagne, réduisent alors (de 20 à 40 %) leurs aides financières à l'éolien et au photovoltaïque - pour le futur, pas pour les équipements installés.

Moindres subventions égale moindre rentabilité égale moindres investissements égale crise chez les fournisseurs d'équipements. Producteurs d'éoliennes et de panneaux solaires connaissent des pertes, restructurent, licencient, font faillite. On connaît en France les malheurs de Photowatt, sauvé in extremis par EDF sur injonction du président de la République. Mais la bulle verte éclate partout dans le monde. Vestas, l'entreprise danoise numéro un mondial des turbines éoliennes, a perdu de l'argent en 2011, elle en perdra davantage en 2012 et elle licencie plusieurs milliers de salariés ; sa capitalisation boursière a été divisée par treize. Q-Cells, le producteur allemand de cellules photovoltaïques, est en faillite. Aux Etats-Unis, Solyndra, qui avait bénéficié de l'appui personnel de Barack Obama, ferme en septembre 2011. Solar Millennium, la firme allemande d'installations solaires, dépose son bilan en décembre 2011. Sa filiale américaine Solar Trust of America en fait autant quelques mois plus tard. First Solar, la firme américaine numéro un mondial du solaire, s'est effondrée fin 2011 et a licencié 30 % de ses travailleurs ; elle annonce des pertes massives au premier trimestre 2012. Il est facile de prévoir que la pression sur les finances publiques augmentant, les subventions diminueront, aggravant encore la crise du secteur.

Les élites françaises refusent de voir ces réalités. Elles continuent de rêver qu'éolien et solaire vont se développer massivement et créer des centaines de milliers d'emplois aux frais du contribuable et du consommateur. Ce n'est pas un gouvernement Hollande avec des ministres Verts, mais bien un gouvernement Sarkozy, qui passe commande de 600 éoliennes en mer pour plus de 10 milliards d'euros. Quand on aime, on ne compte pas.



Article extrait du journal "Les Echos" du 8 novembre 2012

La crise de l'éolien atteint des proportions dramatiques

Par Emmanuel Grasland

La baisse des subventions publiques et la concurrence asiatique ont créé des surcapacités massives dans l'éolien. Sous pression, Vestas va supprimer 6.700 postes en 2012-2013. L'espagnol Gamesa veut réduire ses effectifs de plus de 20 %.

L'état d'urgence est déclaré chez les géants de l'éolien. Hier matin, le numéro un mondial du secteur, le danois Vestas, a annoncé la suppression de 3.000 postes en 2013 via «  des cessions, la prolongation du gel des embauches et des licenciements  », alors que le fabricant s'était déjà engagé à réduire ses effectifs de 3.700 salariés depuis le début de l'année 2012.

Voilà deux semaines, l'espagnol Gamesa a également annoncé une restructuration d'ampleur, avec le licenciement d'environ 1.800 personnes à partir d'octobre. Une décision qui devrait se traduire par une réduction de plus de 20 % de la masse salariale du groupe, principalement en Europe, en Chine et aux Etats-Unis. A l'issue de cette restructuration, Gamesa ne comptera plus qu'entre 6.200 et 6.300 personnes.

Soumis à une forte pression sur les prix, le fabricant espagnol est passé dans le rouge au premier semestre de cette année, avec une perte nette de 33 millions d'euros, contre un bénéfice de 29 millions un an plus tôt. Même constat pour Vestas ou le français Alstom. Le premier a enregistré au 3 trimestre une perte de 175 millions d'euros, quasiment 3 fois plus importante que celle essuyée un an plus tôt, tandis que le second a vu la marge de son activité renouvelables reculer de 7,3 % à 5,7 % en raison de la diminution des volumes et de l'érosion des prix dans l'éolien (lire ci-dessous).

La baisse de la demande asiatique et la réduction des subventions publiques ont en effet généré des surcapacités à l'échelle mondiale, qui ont fait chuter le prix des turbines. Aux Etats-Unis, l'expiration fin 2012 des crédits d'impôts pour les parcs éoliens entraîne également une chute des prises de commandes. Selon HSBC, les volumes installés dans le pays pourraient quasiment être divisés par 4 en 2013, pour tomber à 3 gigawatts. Au total, le marché mondial de l'éolien devrait reculer de 12 % en volume l'an prochain, estime HSBC, alors que les usines des principaux fabricants tournent déjà à moins de 60 % de leurs capacités.

Pour sortir la tête de l'eau, Gamesa se recentre davantage sur le marché international alors que l'Espagne, touchée par une grave crise économique, a suspendu les aides publiques aux énergies renouvelables.

En manque de trésorerie, Vestas cherche de son côté un soutien financier. Le groupe, qui ne devrait pas générer de cash en 2013, a indiqué hier qu'il pourrait céder jusqu'à 20 % du capital à un investisseur. Une augmentation de capital n'est pas non plus écartée. Vestas est aussi en train d'évaluer son appareil industriel, « y compris par l'identification de possibilités d'externalisation et de cessions ».

L'été dernier, Vestas avait confirmé qu'un dialogue était en cours avec Mitsubishi sur une coopération stratégique. Le groupe danois a besoin d'un partenaire pour l'aider à commercialiser une turbine offshore de 7 mégawatts, qui manque à son catalogue. Est-ce que cela sera suffisant ? «  Le marché éolien du futur sera plus petit », estime Matthew Kaplan, du cabinet IHS. Autrement dit, il comptera moins d'acteurs...

EMMANUEL GRASLAND

 



VOIR EGALEMENT L'ARTICLE SUR L'EOLIEN ET LE FINANCEMENT PARTICIPATIF (CROWDFUNDING)

http://www.vosgeshorizondurable.fr/eolien---financement-participatif---crowdfunding


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