Communiqués‎ > ‎

Communiqué du 23 août 2011.

publié le 12 sept. 2011 à 04:24 par redaction aspp88   [ mis à jour : 18 juin 2012 à 08:09 ]

Objet : Espace Moselle/Mortagne : « un territoire sacrifié »…


Alors que l’Administration et les Politiques se « terrent » dans les villes, délaissant la campagne, avec de rares sorties, invisibles et discrets sur le terrain, quelques technocrates éclairés, du fond de leurs bureaux, ont déclaré unilatéralement dans l’Atlas Départemental des Paysages l’espace Moselle-Mortagne « favorable » à l’implantation de parcs éoliens industriels. Ces « spécialistes » justifient postérieurement leur choix dans tout un « fatras » de schémas en cours d’élaboration (schéma régional éolien, schéma régional du climat de l’air et de l’énergie, schéma de cohérence territoriale…) : un imbroglio conçu à huis clos entre initiés sans aucune information ni concertation avec la population locale abandonnée aux mains de promoteurs de tout poil.

C’est ainsi qu’après de brillantes enquêtes, on assiste aujourd’hui à l’installation sous bonne garde du Centre d’Enfouissement des déchets de Villoncourt et à la construction du parc éolien industriel de Rehaincourt/Ortoncourt, prémices au minimum de cinq autres projets éoliens dans le secteur avant une probable densification ultérieure des parcs ! Aussi, les promoteurs déferlent dans le paysage, se couvrant en multipliant la création de sociétés « écrans » pour mieux garantir leurs profits et limiter leurs risques.

L’Abbé Henri-Dominique ROZE, ancien curé de Pierrefort (15230), a vécu cette expérience dans le Cantal et il est important de connaître sa conclusion : 

« Je crois que les promoteurs d’éoliennes considèrent les habitants de nos régions, maires en tête et paysans, comme des « indiens » dans leur réserve, dociles ou naïfs, qu’on peut acheter avec assez peu d’€uros pour développer son business. Ne sont-ils pas prêts à « parquer » les populations de nos villages à l’ombre de machines, en les exposant à des nuisances qu’ils ne voudraient pas pour eux-mêmes ? Ne considèrent-on pas trop facilement nos campagnes comme des déserts, en oubliant qu’elles sont partout habitées par des personnes dont on se demande si elles ne sont pas encore de trop ? N’est-on pas en train de s’emparer de leurs vastes espaces ? Je crois que sans oublier l’atteinte à nos plus beaux paysages de France, le sujet constitue un drame sanitaire et social pour des populations rurales dont on tire profit de leur faiblesse économique, en même temps qu’une imposture écologique. Je crois que nous sommes face à une situation grave et sans précédent, qui nous prend tous par surprise, mais qu’une conscience citoyenne se lève de toute part et à tous les niveaux de la société pour dénoncer cette dérive.

Aujourd’hui les implantations d’éoliennes sont assez nombreuses pour permettre à chacun de mesurer l’importance de leurs nuisances en toute objectivité. Les témoins sont nombreux et l’information ne manque pas. Il est temps que chacun ouvre les yeux et prenne ses responsabilités. Demain on cherchera les coupables. J’estime que ne rien dire, c’est consentir. Prétendre rester neutre, c’est prendre le parti du plus fort. La réflexion ne peut que susciter la liberté. L’histoire jugera, mais ne sera-t-il pas trop tard ? »

La dimension humaine et locale de tout projet est trop souvent oubliée, mais l’horizon s’éclaircit avec de nombreuses échéances : la consultation populaire de Moriville « POUR ou CONTRE les projets éoliens » du 11 septembre prochain et les nombreux rendez-vous électoraux (élections présidentielles, législatives puis municipales…) permettront aux électeurs de faire le ménage et de choisir peut-être des hommes et des femmes qui sauront s’engager et qui ne nous serviront plus l’habituel discours et la déclaration toute prête de « ça n’est malheureusement pas dans nos attributions »…


Comments